L’association « Convergence Soignants Soignés » était présente à la conférence de presse de « Soulager mais pas tuer » du mardi 16 juin.

Lors d’une interview (le Figaro 17 juin 2015), le docteur François Bertin-Hugault, porte-parole de « Convergence Soins Soignés », partage les inquiétudes des soignants alors que la loi fin de vie est examinée en première lecture au Sénat à partir du 16 juin.

 

Il souligne les ambiguïtés qui devraient être levées : la sédation profonde et continue doit demeurer une pratique exceptionnelle. L’enjeu demeure le développement des soins palliatifs. « La limite entre « soulager jusqu’à la mort » et « donner la mort » était claire dans la loi de 2005. Cette proposition de loi floute cette limite. Dans certains cas, on se demande s’il ne s’agit pas d’accélérer la mort plutôt que de soulager la souffrance ».

 Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur le Figaro

Le 18 décembre dernier, la mission Sicard a rendu son rapport « Penser solidairement la fin de vie ». Cette mission a travaillé sérieusement avec peu de moyens et dans des délais courts. Sans rentrer dans les détails des propositions (lien à mettre vers site Internet), on peut retenir la nécessité de faire connaitre et d’appliquer dans toutes ses dimensions la Loi Léonetti, qui est trop mal connue dans ses modalités par le public et les professionnels de santé.

La formation des professionnels de santé est certes capitale, mais le public peut et doit être au courant de ce qui le concerne au premier chef. Cette formation ne doit pas se limiter à des procédures mais à une véritable réflexion anthropologique sur l’homme, sa destinée, sa finalité. L’importance de développer les structures aidant l’accompagnement des patients en difficulté est rappelée : réseaux de santé entre professionnels, services de soins palliatifs, liaison établissements de santé-domicile. L’absence d’urgence à légiférer est affirmée.

Si la mission écarte l’euthanasie telle qu’elle a été légalisée dans les pays du Benelux, en interrompant prématurément la vie, on ne peut qu’être inquiet de l’évocation de l’assistance au suicide, même si elle est considérée comme problématique par la mission : elle n’est qu’une variante de l’euthanasie, c’est-à-dire l’acte de donner intentionnellement la mort, la médecine agissant alors comme prestataire de service.

A l’annonce des recommandations de la mission, le gouvernement a saisi le Comité Consultatif National d’Ethique pour qu’il se prononce sur trois pistes d’évolution de la législation :

  • Les directives anticipées : comment recueillir et appliquer des directives anticipées émises par une personne en pleine santé ou à l’annonce d’une maladie grave, concernant la fin de sa vie ?
  •  Le suicide assisté : selon quelles modalités et conditions strictes permettre à un malade conscient et autonome, atteint d’une maladie grave et incurable, d’être accompagné et assisté dans sa volonté de mettre lui-même un terme à sa vie ?
  • L’accompagnement de l’arrêt des traitements : comment rendre plus dignes les derniers moments d’un patient dont les traitements ont été interrompus à la suite d’une décision prise à la demande de la personne ou de sa famille ou par les soignants ?

L’Elysée a annoncé que, sur la base de ces avis, un projet de loi sera présenté au Parlement en juin prochain.

Nous devons nous mobiliser pour poursuivre la réelle mise en application de la loi actuelle et refuser l’euthanasie, quelles qu’en soient les modalités.

Seule une médecine qui accompagne jusqu’au bout la personne souffrante, vulnérable, et se refuse à vouloir donner délibérément la mort, est en mesure de préserver la confiance entre les soignants, ceux qu’ils soignent et leurs proches.

Puis-je compter sur vous pour informer largement de ces enjeux et mobiliser le plus grand nombre dans les prochains mois ?

Professeur Olivier Jonquet

Porte-Parole Convergence Soignants Soignés

En cette période estivale, l’actualité nous rapporte des pratiques d’euthanasie à l’hôpital de Bayonne. A nouveau cette affaire dramatique est instrumentalisée par les lobbies pro-euthanasie. (suite…)

2012 : Mobilisation contre la proposition 21 du candidat François Hollande
Toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse demander dans des conditions précises et strictes à bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité. Telle est la proposition 21 du candidat à la présidence de la République, François Hollande. Sous cette formulation floue, ambiguë, se cache la volonté indéniable de proposer une loi sur l’euthanasie, même si ce mot est récusé. (suite…)

Pin It on Pinterest

Share This